26.10.2006
clinic: le bonheur chirurgical
Il paraîtrait qu’il n’est pas de meilleur remède pour dissiper ses angoisses que de les affronter. Je n’ai jamais été et je ne serais jamais un patient convaincu.
Forcement un groupe qui s’appelle " clinic " et dont les membres sont couramment parés de blouses blanches, ça n’incite pas à la tentation mais plutôt à la prudence. Y compris chez les amateurs de rock indé d’outre manche.
Mais voilà, il y a une paire d’années, les chirurgiens de Liverpool, puisque c’est de là qu’ils viennent, se sont mués en magiciens, le temps d’un single ravageur qui a fait frémir tous ceux qui ont eu le bonheur de le croiser .
Attiré par le torrent de louanges, j’avais osé poussé la porte. Celle de winchester cathédrale. Et j’avais rudement bien fait.
Voilà qu’aujourd’hui "clinic" revient pour une nouvelle opération . De bonheur contagieux .
Avec un album joliment nommé visitations .
Alors que certains se pâment devant les folkeux aussi ennuyants que prolifiques et alors que d’autres ne cessent de louer les qualités des groupes d’ados à guitare élevés à "myspace" et à "youtube", il est quand même agréable de trouver de temps en temps un groupe qui sache se démarquer des figures imposées.
Pourtant clinic ne sort pas de nulle part mais bel et bien d’un mélange garage/krautrock/punk. Enfin laissons tombé. J’ai horreur de ces classifications bidons et ça n’amène de toute façon rien au débat.
Alors voilà disons simplement que clinic a su réinventer le plaisir. Celui de jouer et celui d’écouter.
Surtout ils ont le grand mérite de composer des morceaux ouverts, où rien n’est figé et tout porte à l’évasion et à l’imagination.
Dans visitations, il y a des guitares, il y a la voix incroyable de ce chanteur dont on a oublié le nom. Il y a des cris (if you could…..) , des chuchotements , il y a un batterie bestiale (new seeker) , il y a une course effrénée et haletante ( tusk) , il y a des samples electro qui semblent sortir de " l’homme qui valait trois milliards " ( sur gedeon) , il y a des lueurs de jazz (sur paradise) , il y a une scie et des singes (sur children of kellog) , il y a des hommes des cavernes (sur gedeon encore) .
Il y a enfin une irrésistible envie de bouger les jambes, de rire, de danser, de sauter. Et si c’était ça la grande victoire de clinic?
Ah oui ne pas oublier. Un bon album révèle toujours un chef d’œuvre caché et là il pourrait bien s’agir de " harvest ".
Octobre , c'est pas le mois des moissons ?
21:00 Publié dans blue lines | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : clinic, liverpool, visitations
23.10.2006
l'o tonne
c'est fou comme ça peut etre leger une idée . Comme une feuille . celle sur laquelle elle est notée . Comme une feuille de chataigner. rouge , jaune , verte , marron . C'est l'automne , les feuilles tombent ,mes idées tombent . Mes ideaux tombent . de haut . j'ai pas envie d'écrire .Ou plutôt j'ai l'envie mais pas l'inspiration . Pas de fil conducteur . Il a fait froid cette nuit , il parait . La belle saison ne va plus durer , il parait . C'est les vieux qui le disent . Je les crois bien volontiers .
Mon idée est revenue . Tant pis je la garde au chaud pour une prochaine fois . ça ne renait pas une feuille .ça meurt .
21:17 Publié dans dix gressions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
sang pour sang
"la vérité de cette vie , ce n,'est pas que l'on meurt , c'est que l'on meurt volé."
louis guilloux : le sang noir
21:01 Publié dans la maison des feuilles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19.10.2006
l'enfance
J’aime bien ton sourire. Et j’ai toujours trouvé tes yeux fascinants. Surtout la nuit. C’est dingue comme le temps file. Je sais pas.je sais plus. Il me semble qu’hier encore, je t’attendais au pied de ta maison. Juste à coté du portail bleu entouré de rosiers.
On a beaucoup joué ; chez toi ; chez moi ; sous le cérisier du vieux jojo. Dans notre cabane fictive. Je crois bien que nous étions peu perméables au monde des adultes. On a beaucoup menti. D’abord par habitude. Et puis par jeu. Ça nous protégeait un peu. On a succombé à divers interdits : grimper dans les arbres, voler quelques bonbons, élever des oiseaux, passer par les fenêtres. ………Rien de bien méchant mais c’était suffisant pour nous amuser. On a essayé de se séparer pour voir ou étaient les limites. Ça n’a jamais duré bien longtemps. Tu me manquais trop. Je te manquais trop. En grandissant, on s’est essayé à des jeux beaucoup moins innocents. Un baiser sur les lèvres, une jupe soulevée. Sans plus
Un jour, maman m’a dit qu’il fallait déménager. Je me suis demandé si je m’en remettrais et j’avoue que je n’ai pas encore la réponse à cette question, 20 ans après. Bien sûr, je t’ai revu quelquefois. Sans plus. Tu m’as écrit. Sans plus........
Maman a appelé ce matin. Elle m’a dit que tu étais enceinte ………….. Il paraît que tu en as toujours rêvé. ……..Je ne me rappelle pas que tu me l’aies dit. C’est dingue comme le temps file …………….
18:45 Publié dans dix gressions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16.10.2006
les ruelles de bristol
Le moins qu'on puisse dire , c'est que je suis pas franchement adorateur du fanatisme béat . On peut même dire que je le déteste .Quel qu'il soit , politique , religieux et surtout artistique . N'empêche que rencontrer une personnalité (enfin supposé comme telle) qu'on admire particulièrement , ça marque . Je dis ça en connaissance de cause .Pas plus tard que l'été dernier je suis tombé sur Grant Marshall , dans une ruelle de Vienne . Je me suis dit qu'il allait bien y avoir un abruti pour lui demander une signature , voire pour le prendre en photo avec son téléphone portable . Mais non , nada. Personnellement j'aurais bien échangé quelques mots avec lui mais je me suis abstenu . My english is so bad . Et puis je lui aurais demandé quoi à ce géant black . Comment il allait ? Qu'est ce qu'il faisait là devant le théâtre antique à 19 heures en plein mois de juillet ? ridicule ! . Je savais bien pourquoi il était là et puis moi il faut dire que j'étais venu un peu pour lui aussi .
Ah oui c'est vrai , j'ai oublié de vous présenter . Grant Marshall alias Daddy G , un Bristolien à la voix rocailleuse , un des deux re
scapés, avec 3D, de la formation initiale de Massive Attack . On est début 90 , un sound systèm de bristol réunit tout ce que la ville ghéttoisée compte de talents : Un mixeur diabolique (Milo), un producteur hors pair ( Nellee hopper ) , un amateur de reggae ( daddy G) , un ado fan de hip hop (Mushroom ) , un blanc-bec graphiste et un peu musico (3D) plus quelques autres devenus célèbres par la suite (neneh cherry, Tricky kid, Smith and mighty, etc.) .
De ce sound systèm , naît en 91 un groupe nommé massive ( en réalité c'est massive attack mais comme on est en pleine guerre du golfe, ça fait mauvais genre ) . Dans la foulée , sort un album (Blue lines ) et là c'est même plus une révolution , c'est carement un cataclysme . Personne na jamais entendu ça . Tant et si bien qu'il faut créer un nom pour classer ce genre nouveau .ça s'appellera trip hop .Comment définir ça : Vous prenez des samples , des beats énormes , des lignes de basse sophistiquées , des rythmes reggae made in jamaique , des voix tantôt sensuelles , tantôt soul , un phrasé rapide issu du hip hop , un peu de guitares tendance rock .Vous mélangez le tout et vous avez blue lines . Enfin c'est loin d'être parfait comme description parce que le principe du trip hop , c'est que c'est indéfinissable par nature .
J'ai une approche émotionnelle et sentimentale (au vrai sens du terme) de la musique .Je sais, c'est pas forcement une qualité . Je sais surtout que je ne me remettrais jamais de le découverte de bluelines . Je pourrais bien l'écouter tous les jours , ça me procurerait toujours autant d'émotions . ça me fait ça aussi avec les albums qui ont suivi ( protection et l'épatant mezzanine ) . Allez comprendre .
Massive attack a évolué .C'est pas tant musicalement , c'est surtout au niveau de la géométrie du groupe .Des membres initiaux , seuls subsistent 3D et Daddy G . Et encore l'entente entre eux deux est loin d'être cordiale . Pour leur discographie , ils font régulièrement appel à des intervenants vocaux : Horace Andy (le reggae man , encore fidèle au poste !) , Nicolette , Shara nelson , deborah miller ,sinead oconnor (ce fut pas une réussite !) et surtout la diva liz frazer ,du groupe cocteau twins ( cette fille est une déesse !).
Voilà, on en est à 15 ans , 15 ans de ma vie que j'aurais passé en écoutant du massive attack . C'est long et c'est court à la fois . Bon allez j'en reprend pour les cinquante prochaines années.
21:28 Publié dans blue lines | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dixit calaferte
On se bat beaucoup chez les pauvres .Il faut bien passer sur quelqu'un sa fureur, sa rage d'être au monde et d'y rester .
Requiem des innocents 1952
13:05 Publié dans la maison des feuilles | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
l'abeille et la bête
Après 10 ans de carrière et une double paire d'albums sompteux (jeter une oreille au magnifique rock action ), le nouvelle opus de Mogwai vient de sortir . Un album au doux nom de « Mr Beast » . Attention la bête gronde. Au pays des peintres , Mogwai aurait fait de l'impressionnisme . Au pays de la musique , mogwai appartient à la grande famille du Post rock . Celle de Tortoise et de Godspeed you black emperor. On retrouve comme chez les cousins américains , les grands espaces (acid food) , les ciels chatoyants , les étendues sauvages et le sens de la mélodie (friend of the night). Oui mais voilà , mogwai est un groupe écossais . Le ciel bleu laisse rapidement place aux nuages noirs , l'orage gronde , le déluge s'abat (écouter voir le sublimissime Glasgow mega-snake) . La route nest plus droite mais tortueuse , comme celle qui longe le loch ness . Et mogwai n'est jamais aussi fort que lorsque tout devient ainsi destructuré . Il suffit d'entendre le morceau douverture (auto rock ) criblé dune pluie de guitares pour tout comprendre . Quand à celui de la fin , on aura du mal à s'en remettre : les éclairs strient le ciel , la foudre tombe et nous on a pas du tout envie que ça finisse . Pas de doute , mogwai est un grand groupe de démesure . Un groupe qui a su rester aux sommets pendant une décennie . Comme quoi c'est beau la pluie qui tombe . On a pas fini de la regarder
13:03 Publié dans blue lines | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
15.10.2006
cartier libre
Caroline Cartier est une grande fille pas sage . De 36 ans. Née dans l'aveyron , parisienne depuis longtemps et membre à part entière de la grille de programmes de France inter . Caroline Cartier aurait très bien pu être metteur en scene , dj voire saltimbaque . Elle est journaliste et intervient tôt le matin (du lundi au jeudi à 7h45 ) entre les chroniques économiques et le journal aux nouvelles pas très rejouissantes. Caroline Cartier est avant tout poète. 4 minutes , pas une de plus . Cest suffisant pour quelle puisse nous proposer ses petites comptines , collage improbable de sons urbains, de musiques , d'archives de l'ortf et de voix . Des comptines toujours au prise avec la réalité et pourtant si éloignées par la teneur du ton , par l'originalité du montage . Caroline Cartier est une fille discrète . Elle n'intervient jamais directement à l'antenne et ses auditeurs ignorent la tonalité de sa voix . Non , elle préfère flâner dans paris , capter les moments uniques , faire parler et regarder les autres . Il n'y a pas d'équivalent radiophonique de ces petits reportages matinaux qui savent être touchants , marrants , tristes . beaux tout simplement . Une sorte de patchwork ouvert où s'entrecroisent hommes politiques , enfants , taxi , sdf , mère adolescente , supporter de football , papys ,. Caroline Cartier finança jadis ses études en jouant du banjo . Frappa par hasard à la porte de radio France et fut embauchée . Travailla avec denoyan et pascale clark . Aujourdhui , on l'attend surtout tous les jours vers 7h45 pour un quartier de vie pas comme les autres . Juste avant d'aller bosser. Caroline Cartier est un poète doué.
09:57 Publié dans medias | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


