24.03.2007
les requins blancs sont durs d'oreille
Pour un peu , ça pourrait presque paraître paradoxal . C'est vrai après tout , tout le monde y va de son petit compte rendu sur les concerts parisiens d'arcade fire et , moi , grand amateur des canadiens devant l'eternel , je ne vais pas en parler . Enfin , pas tout de suite du moins . Il faudra attendre une semaine de plus pour cela .
Le pire c'est que j'étais à Paris le 19 et le 20 mars . C'est un comble quand même . En même temps le but initiatique du voyage n'était pas l'olympia mais plutôt une partie de pêche . De pêche aux requins . en plein coeur de la defense . Attention pas n'importe lesquels de requins . Les grands blancs , ceux qui sont réputés moins sympas que leurs copains . Et je ne sais pas pourquoi , les grands requins , dès qu'on leur parle chiffres et finance , tout va bien mais dès qu'on parle musique c'est un désastre absolu . A croire qu'ils n'ont pas l'ouie musicale .
C'est bien connu , pour pêcher , il faut de l'eau et dans le cas présent plutôt de l'eau salée et comme , à ma connaissance , il n'y a encore ni mer ni océan dans la capitale , je me suis dit que j'allais emporter dans mon sac l'album de "the artificial sea " . Vous voyez tout se tient .
Il y a en certains qui , un jour , ont dit que le trip-hop était mort . Il y en a d'autres qui ont dit qu'on était déjà passé dans une ère post trip-hop avec la sortie de laylow , l'album de cirkus , l'année dernière . Il y en a enfin qui ont toujours considéré ce genre comme mineur et pas du tout complexe . Et bien tous ceux là ont tout faux .
Non, le trip hop est bien vivace . Oui le trip hop est d'une richesse incroyable , d'une complexité sensationnelle , d'une variété de tons et de sons inouie . Et d'un point émotionnel , c'est largement aussi éfficace que n'importe quel songwriter à la guitare sêche .
Pour tout cela , city island , l'album de "the artificial sea " ( sorti l'année dernière chez travelling music ) est un sommet du genre. Comme quoi portishead et Massive attack ne sont pas sans dignes héritiers .
On commence par le monsieur . L'arrangeur en chef se nomme kevin c smith . Quelque part il y a de l'autisme chez ce gars là . C'est un type qui doit se terrer chez lui et s'amuser à fabriquer des puzzles à partir de pièces qui proviennent pas du même modèle . je sais pas moi , il doit être de la même famille que matisse (le peintre ) . Alors voilà kevin , il prend un peu de jazz , un peu de musique cinématographique , un peu d'électro , un peu de pop , quelques beats hip hopiens et il mélange le tout . Attention pas n'importe comment , sinon ça serait trop facile . Là tout se tient , tout s'enchaîne , tout s'entrecroise et , nom de sort , c'est un labyrinthe incroyable dans lequel on a envie de se perdre . Et bien vous pouvez bien prendre les mêmes ingrédients et essayer de faire pareil , ça ne ressemblera jamais à rien . Chez kevin au contraire c'est beau .
L'autre moitié du groupe , c'est une fille parce que , c'est bien connu , dans tous les bons groupes de trip hop , il y a une miss à la voix inoubliable qui se met sur le devant de la scène . Là pour le coup , c'est alina simone qui s'y colle .
Alina c'est un peu une fille qui regarde beth gibbons par le trou de la serrure , qui trempe ses doigts dans la co
nfiture en compagnie de regina spektor et qui demande à chan marshall quel est le chemin le plus court pour rejoindre la forêt . Moi je sais pas pourquoi , elle me fait penser à nina miranda (de l'excellent groupe oublié "smoke city" ) .
alina a vécu en ukraine , ce qui explique sans doute son chant froid de sirène , a appris la mélancolie en écoutant cat power et s'endort surêment en écoutant du portishead .
enfin bref les deux reunis (alina simone et kevin smith ) forment un duo magique , capable de bouleverser l'auditeur de gloryhole (titre d'ouverture de leur album) à milemarker (titre de cloture ) . il y a rien de plus à dire . "city island" est une île acceuillante . Achetez donc cet album et pour vous allécher écoutez ces quelques mp3 qui vous feront voyager à travers plusieurs continents , qui vous emmeneront dans des plaines glaciales de sibérie , dans les ruelles chaudes de la nouvelle orleans , dans les bars de bristol et au bout du compte sur le sommet de l'everest .
10:16 Publié dans blue lines | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : the artificial sea, alina simone, kevin smith, city island, travelling music, portishead, trip-hop



Commentaires
moins bon que les grands classiques à mon gout. Mais merci pour les sons, l'ami :)
Ecrit par : hundred | 24.03.2007
Entierement d'accord . Difficile de faire aussi bien que les chefs de file .
Ceci dit , cet album est très bien quand même .
Ecrit par : azamleag | 25.03.2007
Ecrire un commentaire