30.03.2007
Mon âme est dans mes chaussettes
Il y a deux choses que j'arrive très très bien à faire . En 1 , arriver toujours largement après tout le monde . En 2 , ne rien comprendre à ce qui se passe .
Ne cherchez pas à connaitre mon secret .Il n'y en a pas , tout est génétique . Cqfd .
Donc voilà , lorsque je me suis à fréquenter la blogosphère ( très tardivement évidement ) , j'ai choisi un thème de predilection ( au hasard musique ) et j'ai décidé de faire le tour de la question en 365 minutes . Je reconnais que j'ai mal estimé la profondeur du sujet et du coup je n'ai pas eu le temps de finir mon périple . je suis arrivé jusqu'à la lettre O et c'est comme ça qu'au bout de 364 minutes et 30 secondes , je me suis retrouvé sur le site d'un certain Orouni .
Naturellement c'est pas avec les 30 secondes qui me restaient que j'allais tout lire ce qu'avait écrit ce monsieur . Et comme ça m'intriguait pas mal , au diable le chronomètre , j'ai décidé de revenir m'attarder plus longuement .
Au départ j'ai simplement pensé qu'orouni était un bloggeur talentueux . Et puis j'ai découvert que ce monsieur savait mettre des sons sur ses mots et que , oh miracle , tout ça se tenait très bien . A ma grande surprise , parce que j'ai toujours eu un peu de mal avec les folkeux solitaires .
Enfin bref j'ai écouté un peu , beaucoup , passionnement , à la folie . Et puis un jour orouni s'est mit à m'écrire . je ne sais même plus pourquoi à vrai dire . Pas de spam , non , mais plutôt des messages rien que pour moi , azamleag . Finalement je crois bien que je vais devoir vous faire un aveu . Orouni , c'est un peu mon âme . Etrange impression quand même d'avoir une âme que l'on a jamais rencontré .
Enfin bref je le retrouve parfois sur ma platine , dans ma voiture ou même mieux , carrement dans mes chaussettes lorsque j'en cherche une paire . Dans un film farellynien , il y avait jonathan richman qui chantait dans les arbres . Dans mes arbres à moi , il y a Orouni et comme on dit , ho(rou)nni soit qui mal y pense .
Dans son dernier courrier , monsieur O m'a parlé d'un ré-enregistrement de "the perfume conspiracy " , morceau déjà excellent dans sa version originale et qui se trouvait sur son premier album "a matter of scale " .
pour l'occasion , O a fait appel à M , enfin à Mina Tindle , une fille à la voix pas parfaite mais tellement charmante . Voici donc un morceau à deux voix et à plusieurs voies et comme on dit , en pleine période d'élection , ce sont des voix (et des voies ) qui comptent . Double évidemment .
Sur le nouveau " the perfume conspiracy " il y a un air de fraicheur hawaien ( si si je vous assure !) , il y a un air mélodique inspiré , il y a des torsions et des distorsions , il y a des imperfections mutines et puis en l'écoutant , vous vous rendrez compte que tout d'un coup , les meubles prennent presque un aspect humain .
la grande force d'orouni c'est peut-être ça après tout . Ce gars là a inventé la musique de proximité et contrairement à la police du même nom , c'est beaucoup plus efficace .
Je savais bien que j'avais une âme sympa .
PS : Pour une fois , c'est un post sans mp3 . Ce n'est pas que j'ai pas envie de vous faire profiter de cette musique mais le mieux pour écouter Orouni , c'est encore de vous rendre chez lui . Il a une maison qui se prête à ses morceaux .
17:25 Publié dans blue lines | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : orouni, a matter of scale, mina tindle, the perfume conspiracy
24.03.2007
les requins blancs sont durs d'oreille
Pour un peu , ça pourrait presque paraître paradoxal . C'est vrai après tout , tout le monde y va de son petit compte rendu sur les concerts parisiens d'arcade fire et , moi , grand amateur des canadiens devant l'eternel , je ne vais pas en parler . Enfin , pas tout de suite du moins . Il faudra attendre une semaine de plus pour cela .
Le pire c'est que j'étais à Paris le 19 et le 20 mars . C'est un comble quand même . En même temps le but initiatique du voyage n'était pas l'olympia mais plutôt une partie de pêche . De pêche aux requins . en plein coeur de la defense . Attention pas n'importe lesquels de requins . Les grands blancs , ceux qui sont réputés moins sympas que leurs copains . Et je ne sais pas pourquoi , les grands requins , dès qu'on leur parle chiffres et finance , tout va bien mais dès qu'on parle musique c'est un désastre absolu . A croire qu'ils n'ont pas l'ouie musicale .
C'est bien connu , pour pêcher , il faut de l'eau et dans le cas présent plutôt de l'eau salée et comme , à ma connaissance , il n'y a encore ni mer ni océan dans la capitale , je me suis dit que j'allais emporter dans mon sac l'album de "the artificial sea " . Vous voyez tout se tient .
Il y a en certains qui , un jour , ont dit que le trip-hop était mort . Il y en a d'autres qui ont dit qu'on était déjà passé dans une ère post trip-hop avec la sortie de laylow , l'album de cirkus , l'année dernière . Il y en a enfin qui ont toujours considéré ce genre comme mineur et pas du tout complexe . Et bien tous ceux là ont tout faux .
Non, le trip hop est bien vivace . Oui le trip hop est d'une richesse incroyable , d'une complexité sensationnelle , d'une variété de tons et de sons inouie . Et d'un point émotionnel , c'est largement aussi éfficace que n'importe quel songwriter à la guitare sêche .
Pour tout cela , city island , l'album de "the artificial sea " ( sorti l'année dernière chez travelling music ) est un sommet du genre. Comme quoi portishead et Massive attack ne sont pas sans dignes héritiers .
On commence par le monsieur . L'arrangeur en chef se nomme kevin c smith . Quelque part il y a de l'autisme chez ce gars là . C'est un type qui doit se terrer chez lui et s'amuser à fabriquer des puzzles à partir de pièces qui proviennent pas du même modèle . je sais pas moi , il doit être de la même famille que matisse (le peintre ) . Alors voilà kevin , il prend un peu de jazz , un peu de musique cinématographique , un peu d'électro , un peu de pop , quelques beats hip hopiens et il mélange le tout . Attention pas n'importe comment , sinon ça serait trop facile . Là tout se tient , tout s'enchaîne , tout s'entrecroise et , nom de sort , c'est un labyrinthe incroyable dans lequel on a envie de se perdre . Et bien vous pouvez bien prendre les mêmes ingrédients et essayer de faire pareil , ça ne ressemblera jamais à rien . Chez kevin au contraire c'est beau .
L'autre moitié du groupe , c'est une fille parce que , c'est bien connu , dans tous les bons groupes de trip hop , il y a une miss à la voix inoubliable qui se met sur le devant de la scène . Là pour le coup , c'est alina simone qui s'y colle .
Alina c'est un peu une fille qui regarde beth gibbons par le trou de la serrure , qui trempe ses doigts dans la co
nfiture en compagnie de regina spektor et qui demande à chan marshall quel est le chemin le plus court pour rejoindre la forêt . Moi je sais pas pourquoi , elle me fait penser à nina miranda (de l'excellent groupe oublié "smoke city" ) .
alina a vécu en ukraine , ce qui explique sans doute son chant froid de sirène , a appris la mélancolie en écoutant cat power et s'endort surêment en écoutant du portishead .
enfin bref les deux reunis (alina simone et kevin smith ) forment un duo magique , capable de bouleverser l'auditeur de gloryhole (titre d'ouverture de leur album) à milemarker (titre de cloture ) . il y a rien de plus à dire . "city island" est une île acceuillante . Achetez donc cet album et pour vous allécher écoutez ces quelques mp3 qui vous feront voyager à travers plusieurs continents , qui vous emmeneront dans des plaines glaciales de sibérie , dans les ruelles chaudes de la nouvelle orleans , dans les bars de bristol et au bout du compte sur le sommet de l'everest .
10:16 Publié dans blue lines | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : the artificial sea, alina simone, kevin smith, city island, travelling music, portishead, trip-hop
15.03.2007
prendre la première route à gauche après mars
ça va commencer à devenir agaçant . C'est vrai quoi ! Qu'est ce qu'il y a de plus là-bas que nous n'avons pas ici . En quoi cet ailleurs est il différent du mien d'ici . Moi je vous le demande , il y a doit bien y avoir un secret quand même .
D'un coté , Montréal , phare du quebec , 363.52 km² et 1 638 000 habitants (dixit wikipedia ) . De l'autre , ben , Montréal aussi , Ardeche capitale de rien du tout , 6.15 km² et 462 habitants (et encore en comptant ceux qui sont dans les coins ) .
Pour trouver le Montréal d'ailleurs , c'est très simple , soit vous suivez la neige , soit vous demandez à un passant vu que tout le monde sait où ça se trouve . Pour trouver le Montréal d'ici , c'est plus compliqué vu que personne ne connait ce pittoresque village . Comment vous expliquez ? Vous voyez Mars . Bon et bien après Mars vous prenez la première route à gauche et vous continuez tout droit (sans rigoler Mars est aussi un village d'ardeche ) .
A montréal d'en haut , je ne sais pas trop comment c'est possible , mais ils sortent un album de qualité par semaine . A Montréal d'en bas , personne n'a jamais sorti de disque . La boulangère a bien essayé de pousser la chansonnette lors d'une fête du village mais comme ce fût un fiasco à la fois commercial et financier , elle a décidé de plier bagages en emportant avec elle ses pains et sa voix .
Comme j'ai l'habitude de parler musique ici bas et non pas de patisserie , je vais me concentrer sur Montréal .Sur l'autre . Enfin sur celui du canada quoi .
Faut pas se voiler la face , le phénomène du moment là-bas c'est évidement régine , win et leurs copains . ça se voit gros comme une église au milieu du village . D'ailleurs on ne peut pas louper ça . Pour signaler leur présence , ils ont mis un néon . Alors ..........
N'empêche que dans les ruelles d'à coté il y a aussi de la vie , il y a aussi des gens qui jouent de la musique et oh miracle , il y a des gens qui en jouent très très bien .Si si !
Vous voulez un exemple ? Alors je vous en donne un . Land of talk , qui pour le coup fait encore figure de terre inviolée mais qui ne va pas le rester longtemps , j'en fais le pari .
Deux gars , une fille , plusieurs possibilités comme on dit dans ces cas là . Ils viennent de ..................Montréal (faudrait voir à suivre quand même) .
une formation classique . basse + guitare +batterie et surtout elisabeth . Ah elisabeth ! C'est idiot mais j'ai toujours des idées farfelues lorsque j'écoute pour la première fois un morceau . Là en écoutant "speak to me bones" , je me suis "on dirait une fille qui a mis les doigts dans une prise de courant et qui a décidé de partir en trek avec des potes " . je sais , ça a aucune signification mais c'est ce que je me suis dit .
Après je me suis souvenu que j'avais déjà entendu cette voix . En recherchant un peu j'ai retrouvé . Voilà elisabeth powell c'est un croisement entre juanita stein (de howling bells ) et annie hardy (de giant drag) .
Land of talk joue du rock , péchu , vivace et frétillant , un rock aux lignes harmonieuses et bien ficellé mélodiquement . Et comme le voisinage n'est jamais innocent , parfois , il traine ici ou là des reminiscences godspeediennes (particulierement perceptibles sur street wheels ) .
bref comme vous pourrez le constater en écoutant les morceaux ci dessous , la musique de land of talk est diablement efficace et efficacement diabolique .
Aux dernières nouvelles , une nouvelle boulangère viendrait s'installer à Montréal l'ardéchois . peut être après tout qu'elle s'inspirera de ces cousins canadiens . Et puis après tout , elle s'appelle peut etre elisabeth . Allez savoir !
Ps : pas la peine de chercher le premier album de land of talk . il n'existe pas . Mais par contre vous pouvez trouver un EP de 7 titres nommé "applause cheer boo his"
21:11 Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : montréal, canada, ardeche, land of talk, mars, street wheels
08.03.2007
Dites le avec le choeur !
Bien sûr que je vais en parler . Evidemment . Pour être dans l'ambiance , je dirais même que c'est une mission divine . Je leur dois bien ça après tout .Pour service rendu . Tout ça en tant que membre de la grande confrérie des arcadefirophylles ou arcadefirophages , comme vous voulez .
Bien entendu l'album est déjà sorti depuis quelques jours , et même , ce n'est un secret pour personne , il avait déjà circulé en douce avant la date d'échéance . Pour ma part , comme dans toutes les grandes occasions , j'ai attendu le terme , j'ai mis mon trente et un , je me suis assis dans un fauteuil et j'ai espéré la venue du facteur . Ah oui , j'ai achété "néon bible " sur le net . ça ne sauvera pas le petit commerçant (si tant est qu'il existe encore) mais c'est déjà mieux que le piratage ou le téléchargement imtempestif .![]()
Je ne suis pas le premier à en parler . Il y a , certes , ceux et celles qui se sont déjà fendues d'une chronique alléchante , il y a aussi ceux qui ont pris le contrepied parfait en ignorant la sortie . J'avoue que cette dernière alternative m'a effleurée l'esprit . Ne pas en parler . Du tout . Non pas pour indigestion avant l'heure , non pas par dégout du grand raoult avant coureur . Non plutôt parce que j'ai toujours eu du mal à faire partager mes impressions sur ce et sur ceux que j'aime trop .
Et puis après tout qui sait , peut etre que ce néon bible allait se révéler décevant et alors qu'aurais-je pu bien écrire , moi adorateur de la première heure de win et de regine ? .
Alors voilà j'avais pensé : ne rien dire et ne rien lire .
Et puis , et puis et puis . Et puis voilà , je suis là en train d'écrire sur le nouvel album d'arcade fire . Après tout j'ai comme l'impression que ma vie tourne autour d'un seul disque depuis deux ou trois jours et je ne vois pas trop quoi raconter d'autre alors si il y a un risque à prendre , prenons le . Ma petite critique ne révolutionnera pas la terre mais j'aurais au moins pu dire que j'aime , que j'aime ou bien encore que j'aime le nouvel opus d'arcade fire . C'est déjà ça .
Que dire d'emblée , comme ça à brule pourpoint juste après une première rapide furtive . Que celui ci (bible néon ) est sans doute moins tubesque que celui là (funéral ) , qu'il est sans doute plus difficile de pénétrer dans cet album, plus difficile de se l'approprier . Et puis c'est bien connu , les néons ne s'éclairent que lorsqu'on appuie sur le bouton alors libre à chacun de trouver son propre interrupteur .
Que dire après une deuxième écoute plus approfondie . étrange morceau d'ouverture quand même que ce black mirror . Si on parlait de sport , on dirait que le petit a du talent mais du mal à l'exprimer . Là je ne sais pas pourquoi , on a comme l'impression que les arrangements pésent un peu trop , que les instrumentaux sont trop présents . Bref le morceau manque d'air mais rassurez vous avec arcade fire , le manque de souffle ne dure jamais bien longtemps .
la preuve .........avec "keep the car running " . Car si il faut chercher un départ à la joie , ne cherchez plus , c'est là que ça se passe avec , dans le rôle de starter , le batteur fou , vous savez celui qui tape sur la tête de ses copains munies pour l'occasion de casques .
S'ensuit un intermède sympathique , sans prétention si ce n'est celle de donner le titre de l'album (néon bible ) . Et puis au quatrième coup de cloches , survient une intervention divine qui a le mérite de faire savoir qu' arcade fire n'a rien perdu de son talent , découvert sur l'album précédent . Vivacité des voix , choeurs survoltés , rythme crescendo , mélodie délieucement démoniaque , zigzags à volonté , grain de folie , envie perceptible et bonne humeur garantie . yeah!
On arrive au coeur de l'album (black wave /bad vibrations , ocean of noise , the well and the lighthouse , antichrist television blues ) , et le choeur d'arcade fire travaille au corps (le notre ) . Pas de répit , course au bord de l'aphyxie , rythme effrené et pas la peine de chercher à respirer . le tunnel est noir et la lumière est au bout . alors courrons y . Et franchement j'ai jamais aimé autant courrir que depuis trois jours .
Tiens j'y pense , en ré-écoutant l'album , j'ai oublié de vous préciser un détail qui a son importance dans la conception de "neon bible" : win et regine habitent dans une église , elle-même voisine de l'église de la famille bowie . Bien entendu chacun prêche dans sa propre paroisse mais on se demande si parfois il n'échange pas quelques sermons ( sur ocean of noise , c'est win ou c'est david qui chante ?) .Quand à l'église proprement dîte , c'est quand même difficile de l'oublier .Parce que d'abord il y a cet orgue majustueux , parce qu'ensuite il y a ces choeurs qu'on dirait sortis d'une nef . Parce qu'enfin il y a ce son qui résonne , pendant et après les morceaux .
Vers la fin , arcade fire ose une reprise de leur propre morceau . C'est possible ça ? Faut croire que oui .Après tout hitchcock a bien réalisé deux fois "l'homme qui en savait trop " . Où ça devient incroyable que la nouvelle version de "no cars go " est presque mieux que l'ancienne . Je sais c'est difficilement crédible mais bon c'est marqué dans la bible .Alors ........
On ferme avec "my body is a cage ", une espèce d'incantation qui croit au fil des minutes pour finir dans un souffle mourrant d'orgue . Enfin mourrant , c'est un mot mal approprié parce que la grande force de l'album , c'est qu'à peine la dernière plage terminée , vous n'avez qu'une envie , c'est de recommencer au début .
Alors il y a beau avoir de l'orage au dessus de la maison des arcade fire ( on l'entend sur black mirror ou sur ocean of noise ) , n'hésitez pas à suivre la lumière qui vous conduira à l'intérieur . Vous verrez , dès que vous serez rentré , vous aurez plein d'envies . Chanter à tue-tête , vous joindre aux choeurs , sauter , taper sur tout ce qui bouge , vivre , rire et un tas d'autres choses que vous découvrirez soit dans la bible soit en allant rejoindre les arcade fire si jamais ils passent dans l'église de votre quartier .
Bon , je vous laisse ; je vais rejoindre un lieu où les avions n'iront jamais ; je vais appuyer sur l'interrupteur et prier avec les anges . Chouette programme pour une soirée .
20:46 Publié dans blue lines | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : arcade fire, bible, neon bible, funeral, poupee de cire, montreal, église
02.03.2007
la lune n'est plus dans le caniveau
Les légendes ont la peau fragile , jeunes gens . Goodis peut bien se retourner dans sa tombe . La lune a déserté la rue , a escaladé le trottoir pour sortir de son caniveau et maintenant elle trône . Là , juste au dessus de nos têtes . Entre les étoiles et les satéllites ,elle veille sur nous .
Pourtant officiellement la lune serait décédée depuis , disons, 2004 . Il paraitrait qu'elle a rejoint une galaxie , juste connue par son numéro , la galaxie 500.
Heureusement , avant de filer en douce , la lune a eu le temps de déposer une poussière sur terre et devinez quoi , cette poussière a rencontrée une blonde au coin de la rue . Et pour que le denouement soit plus heureux , ils viennent d'avoir un bébé , prénommé back numbers . Drôle de prénom pour un enfant quand même .
Alors elle est pas chouette mon histoire ?
Ok j'arrête avec mes récits alambiqués dans lesquels je me perds moi même et puis toutes ces métaphores , ça va bien un moment mais finalement on oublie assez rapidement l'essentiel .
L'essentiel aujourd'hui , c'est que je voulais juste vous dire deux ou trois mots sur dean wareham (la poussière ) et sur britta phillips (la blonde) dont l'album , back numbers , est sorti le 27 février chez zoe/rounders records .
Il existe comme ça des personnes qu'on semble connaitre , avant même qu'elles aient dit quoi que ce soit , avant même qu'elles aient fait quoi que ce soit . C'est le cas du duo Dean and Britta .
Il faut dire que le passé plaide pour nous . Dean faisait partie de l'aventure Galaxie 500 avant de collaborer grandement au groupe culte Luna , au sein duquel il a rencontré Britta phillips .
Luna , pour tout indie fanatique , c'est un peu le sommet . Le genre de groupe qu'on ne cite jamais spontanement mais auquel on revient toujours finalement . Un must de la musique .
faut pas se leurrer , Dean and britta , c'est la suite logique , c'est à dire que c'est parfaitement dans la continuité de ce qui a été fait précedement par galaxie 500 et par luna .
Evidemment qui dit duo mixte , dit rapprochement naturel avec d'autres duo tout aussi célèbres . Alors on pense inévitablement à laurel et Hardy pour la symbiose du couple et bien entendu à Stone et charden pour la blondeur de Madame .
Plus serieusement on retrouve à travers les morceaux des faux-airs de gainsbourg lorsqu'il s'entourait de miss innocentes (ou supposées comme telles) . Et puis il y a bien sûr lee hazelwood dont l'influence se fait sentir à chaque crissements de cordes et d'ailleurs , ce n'est pas une surprise , une reprise du "you turned my head around" de ce bon vieux lee , figure sur l'album .
Que ceux qui cherchent l'electricité filent voir ailleurs . Sur back numbers , tout est naturel . 100% conçu dans les bois , sans rien , si ce n'est quelques idées et une guitare acoutisque . Et puis bien entendu deux voix parfaites . Celle de Britta aux sonorités sixties et fortement sensuelle et puis pour contrebalancer le tout , celle de dean beaucoup plus posée et beaucoup plus terrestre .
On ne niera ni le coté vieillot de ces 11 morceaux , ni le coté (rom)antique , mais après tout qu'importe .......
Demandez à la poussière . le bois qui craque a toujours une saveur particulière .
you turned my head around / lee hazelwood and ann margaret cover (mp3)
Et bien entendu je vous invite à voir ou à revoir les deux morceaux enregistrés à new-york dans le cadre "des concerts à emporter" de la blogothèque -------------> c'est par ici
Ps : ça n'a rien à voir avec Dean and Britta mais comme je me suis permis de reprendre les titres de plusieurs bouquins , je vous conseille les lectures de
- la lune dans le caniveau de David Goodis
- la blonde au coin de la rue de David Goodis
- Demande à la poussière de John Fante
19:02 Publié dans blue lines | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : dean wareham, britta phillips, dean and britta, back numbers, lee hazelwood, gainsbourg, goodis


