25.02.2008
la cave se rebiffe
J'étais à Lyon , pas plus tard que hier soir . Au citron plus précisement , un bar - salle de concert situé dans la vieille ville . J'y étais pour voir un concert . Enfin trois concerts . Trois mecs . Seuls . trois guitares . Seules . moi . Seul .
J'y étais donc et , en cela , ça n'a rien d'un exploit . Mais je dois tout de même vous en dire deux mots . Enfin deux mots . Disons plutôt trois . Je dois vous en parler pour plusieurs raisons .
Il serait grand temps qu'on se penche sur le sort des petites salles de spectacles , que ce soit celles qui proposent de la musique , celles qui proposent du théâtre ou quoi que ce soit d'artistique d'ailleurs . Au citron , hier soir , c'était l'avant dernière soirée avec des concerts electriques et eclectiques . Après basta , comme on dit . La faute à une interdiction de fumer , à une interdiction de faire trop de bruit , à une interdiction .......... Pour peu qu'on rajoute à cela des soucis plus ou moins financiers ne permettant pas d'entretenir quoi que que soit de spectaculaires , forcement on devient vite végétatif . C'est dommage . Dans ces petites salles , y compris celles situées dans les caves poussierreuses , il s'y passe plein de choses , parfois bonnes . Et je pense qu'il serait dommage d'oublier tous ceux qui ont commencé dans de tels lieux . Internet aide à entendre mais n'aide pas à voir et pourtant voir et entendre , c'est encore ce qu'il y a de meilleur .
Il serait grand temps aussi d'aider les auteurs compositeurs , jeunes ou pas jeunes , français ou pas français . Pas facile de sortir un album , Pas facile d'émerger de la masse . Pas si facile que ça (contrairement à ce que l'on croit) de se promouvoir . Pas facile de vivre de sa musique . Et qu'on arrête de me dire que le web a tué la poule aux oeufs d'or . La seule réalité , c'est que n'importe qui peut s'improviser musicien . Après tout , maintenant , il n'y a pas plus de filles , mecs ou groupes talentueux qu'il y a pu en avoir dans le passé . La différence c'est qu'il est surement plus difficile de les dénicher . That's all . deux artistes sur trois présents au citron hier soir avaient déjà sorti un album autoproduit . Et personnellement j'avais déjà les deux albums , albums que j'ai achetés et non pas téléchargés .
Je n'ai pas encore évoqué la principale motivation de ma présence à cette soirée citronnée . j'ai déjà dit qu'il y avait sur scène trois artistes mais j'ai oublié de préciser que parmi les trois , il y avait mon supplément d'âme . Vous savez orouni dont j'avais dit le plus grand bien par ailleurs (voir ici ) . j'aurais voulu le rencontrer avant et dans d'autres conditions mais hélas , il avait jusqu'ici plutôt tourné dans le haut de la france alors que de mon coté , je me situe plutôt à l'opposé . Enfin bref ..... étrange impression tout de même que celle de retrouver nez à nez avec l'auteur d'un album qu'on a beaucoup écouté .
Vous voulez mes sensations alors je persiste et comme on le fait parfois dans ces cas là , je signe . Je pourrais reprendre tout ce que j'ai déjà dit auparavant . Parce qu'orouni ne joue pas de la musique , il la vit .Parce que c'est inventif , pas plat , pas lisse . Parce que sa voix est si ......perfect dans le contexte de ses morceaux . Parce que ce n'est jamais redondant , jamais lassant . Parce que même avec des fils électriques pendouillants au dessus de sa tête , même avec une vingtaine de personnes pour seul public , même dans des caves en voute ,même sans personne pour l'accompagner , orouni sait tout simplement être bon .
Ne me demandez pas la set list . je ne l'ai pas et de toute façon , je m'en fout . Je sais qu'il y avait des morceaux de "a matter of scale " , je sais qu'il y avait un morceau de "the limes" , je sais qu'il y avait des morceaux joués à l'omni-chord , je sais aussi qu'il y avait des morceaux du prochain album parce quelque part l'important c'est ça . le prochain opus sort dans le courant de l'année . Alors attendez vous à avoir un troisième post sur orouni d'ici peu .
Je rajoute encore un petit mot sur les deux autres présents de la soirée . Yosémite , un lyonnais qui à un certain talent , pour ne pas dire un talent certain et une capacité intéréssante à jouer du folk . Monsieur était un peu tendu et a la malencontreuse déveine de ne pas avoir sorti d'album mais il sera à revoir avec plaisir quand il aura un peu roulé sa bosse .
Celui qui jouait le plus à domicile en fait , c'était benjamin fincher , seul en scène pour l'occasion . Son concert était visiblement attendu et c'était justifié . je ne peux que conseiller d'aller le voir si il passe pas loin de chez vous ou même carrement mieux , achetez l'album déjà sorti et ceux à venir . et puis quand vous l'écouterez , observez le bien . Benjamin fincher , il a une particularité dans son jeu : ses variations et changements de rythmes sont absolument merveilleux .
19:22 Publié dans blue lines | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : orouni, benjamin fincher, yosemite, citron, lyon
19.02.2008
puisqu'il parait qu'on devient ce qu'on mange , on devient aussi probablement ce qu'on écoute
Dans le coin droit , juste derrière un pot rond en terre , il y a une pile . Son assise est instable ; le haut flirte avec l'étagère de gauche , le 21 ème étage tente une échappée solitaire et tous les étages du bas sont provisoirement inaccéssibles . Il n'y a aucune logique , le rouge frole le jaune , le dépassé cotoie le très recent , un moustachu se retrouve coincé entre 4 chipies et une bande de loup . il y a meme une nouba géante dont la plupart des protagonistes ne se connaissent pas . Décidement, étrange monde que celui des compils .
j'en ai pris une sur le dessus . Celle ci m'avait été envoyé par une fille . Sur la couverture , elle avait rajouté un petit mot manuscrit . la première phrase disait "Puisqu'il parait qu'on devient ce qu'on mange , on devient probablement aussi ce qu'on écoute" . Et comme pour justifier la présence d'un morceau de joy division , elle avait rajouté " quelque part vers le fin , love will tear us apart, parce que j'espère que ça nous arrivera encore souvent" . je ne me rappelle plus du nom de la fille mais je me rappelle encore de cette dernière phrase , j'avais beaucoup aimé . "j'espère que ça nous arrivera encore souvent" .
C'est une histoire d'amour . Une histoire qui ne finit pas mais qui tourne sacrement mal depuis quelques temps déjà . ça date de la libération en fait , de sa propre libération . Soyons clair, j'ai aimé chan marshall bien avant tout le monde , c'est à dire dès que j'ai écouté dear sir . Je l'ai vu dans des petites salles de concert à moitié remplie . je l'ai beaucoup regardé en train de nager dans des vetements de mecs trop amples . J'ai écouté rockets à n'en plus finir . j'ai dit et écrit que jamais , au grand jamais , un disque pourrait autant me bouleverser que n'a pu le faire "myra lee" . j'ai hai un disquaire qui n'avait pas "moon pix" . j'ai eu des frissons en écoutant "nude as the news" Et j'en ai encore d'ailleurs . A cette époque là ,la tristesse , la mélancolie , la colère froide , la rage interieure , la timidité , le mal-être de chan marshall me touchaient énormement . j'aimais bien cette fille qui savait si bien exprimé en cris et en accords de guitare tout ce qu'elle était incapable de dire autrement .
Et puis chan marshall est devenu soudainement libre . Elle s'est mis à batifoller dans les arbres , à clamer un peu partout qu'elle était heureuse comme elle ne l'avait jamais été . musicalement parlant c'était soudain moins sourd , moins contenu , plus riant Elle a y gagné un public et une notorieté grandissante . "you are free" ne m'a hélas jamais convaincu . Non pas que je sois insensible au bonheur , non pas que les arbres et la liberté me soient indifférents . Bien au contraire . Mais chan marshall ne ressemblais plus à celle que j'avais connu . Chan marshall ne me parlais plus , tout simplement .
Je lui reconnais la grace d'avoir su se risquer à l'album de reprise . The cover records était un album très personnel et c'est plutôt une qualité pour un disque qui ne contient que des reprises . J'avais trouvé ça très audacieux et franchement beau dans la difficulté .
La suite ne m'appartient plus . j'avais déjà abandonner l'idée de retrouver cat power lorsque est sorti "the greatest" . Je ne m'arreterais pas d'avantage sur 'the cover records number two" . ce n'est plus pour moi , même en cachette .
Que ce soit clair . je pense très sincerement que cat power a un talent monstre . je pense très sincerement qu'il est difficile de faire plus beau et plus délicat qu'un morceau de chan marshall , je pense très sincerement que cette fille à un charme fou . Qu'elle soit citée comme modèle par toute une génération d'auteurs ou d'auditeurs , je dis que ce n'est que justice , elle le mérite largement . Et je dis aussi que dans mes albums d'ile deserte , si je devais en emmener une dizaine , alors à coup sûr , j'emmenerais avec moi les 4 premiers albums de chan marshall parce que mince quand même , qui a fait mieux depuis ? Reste que je ne la reconnais plus dans ses paroles , reste que je la trouve prisonniere d'une période blues bien trop confinée pour elle , reste que je me surprends à penser que ses concerts sont devenus un peu n'importe quoi , reste que je la trouve parfois un peu hautaine , reste que won kar wai et chanel ................... Punaise , cat power n'appartient plus à chan marshall , c'est un comble .
j'irais encore voir cat power en concert et j'ai déjà acheté jukebox , parce que j'avais tous les précédents albums , parce que quelque part on oublie jamais ce qu'on a été , parce que c'est une histoire d'amour et que les histoires d'amour , même lorsqu'elles tournent mal , elles ne s'estompent jamais véritablement . "Love will tear us apart" , j'espère que ça vous arrivera encore souvent .
Puisqu'on devient ce qu'on écoute , il est fort probable que je devienne rockets . je vous mets le mp3 pour que vous puissiez le devenir aussi . Accéssoirement, ce morceau est un chef d'oeuvre absolu .
nude as the news
22:24 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : cat power, jukebox, greatest, nude as the news, rockets, free, myra lee
14.02.2008
allons enfants de l'apathie
Le malheur pour sons and daughters , c'est qu'aligner les singles tapageurs ne fait pas forcement un bon album . le malheur pour sons and daughters , c'est qu'à vouloir rendre la musique trop médiatisable , on y perds en qualité . le malheur pour sons and daughters , c'est que leur chanteuse a parfois la voix d'une popeuse scandinave pour adolescent . Le malheur pour sons and daughters c'est que "chains " ressemble à un remixe d'olivia newton john période " grease" . Le malheur pour "sons and daughters " c'est qu'ils ne savent pas composer un morceau sans "na na na na " , "oh oh oh oh " ou "waou waou waou " . Le malheur pour sons and daughters c'est que l'enchainement de l'ignoble "the nest" et de "rebel with a ghost" dégoutérait n'importe quel amateur de leur musique . Le malheur pour sons and daughters , c'est que j'ai une facheuse tendance à les comparer à "run on " .
Le bonheur pour "sons and daughters " c'est qu'ils n'ont pas totalement perdu leurs talents . le bonheur pour sons and daughters c'est qu'il y a un morceau à double voix nommé "house in my head" et que c'est formidable d'éfficacité . le bonheur pour sons and daughters c'est qu'ils savent jouer le rock . Le bonheur pour sons and daughters c'est qu'au sortir de la zone morose qui s'étend de la plage 2 à la plage 6 de l'album, il y a "darling" et "darling" sera pas loin du top single à la fin de l'année . Le bonheur pour sons and daughters c'est que dans "this gift" 'il y a au moins 4 morceaux absolument très bons . Le bonheur pour "sons and daughters " c'est que le premier de ces 4 morceaux ouvre l'album (gift complex) et que les 3 autres sont les 3 derniers de l'album . Le bonheur pour sons and daughters c'est que j'aime les groupes mixtes , c'est que j'aime quand les voix des filles s'emballent conjointement à la guitare et c'est que j'aime les groupes qui ont le sens de la mélodie pas putassiere .
On appelle ça avoir un avis mitigé .
sons and daughters : house in my head (mp3 via alucinanate)
23:30 Publié dans blue lines | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : sons and daughters, this gift, run on, gift complex, house in my head
11.02.2008
jusqu'à présent
jusqu'à présent , je n'ai que rarement parler deux fois du même artiste dans ce blog . Jusqu'à présent je n'avais jamais citer les concerts à emporter de la blogothèque . Jusqu'à présent , je n'aimais pas spécialement attendre dans le froid . Jusqu'à présent , j'aurais presque trouvé étrange qu'une fille crie dans la rue .
Maintenant , j'aime les trottoirs . Maintenant je scrutte les portes cochères . Maintenant , je hurle . Maintenant je comprends will oldham .
Maintenant dinosaur egg et c'est bouleversant .
20:35 Publié dans blue lines | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : scout niblett, blogotheque, concerts à emporter, nouveau casino
06.02.2008
art maniac ....
Comment dire ? C'est un peu comme de trouver la clé , pardon les clefs , de mulholland drive . C'est un peu comme si sir edmund hellary et tenzing norgay avaient découvert des traces de pas en haut de l'everest lors de la première ascension victorieuse . C'est un peu comme si manet était soudain tombé dans la grotte de chauvet et y avait vu des peintures rupestres vieilles de 30 000 ans toutes aussi réalistes que ses propres toiles . C'est un peu comme de découvrir la source . voilà ça fait cet effet là . A un degré moindre toutefois . Il ne s'agit que de musique .
En 74 , je n'étais pas assez grand pour apprécier harmonia . D'ailleurs je ne suis pas sur que mes parents s'intéressaient à ce genre de musique là , ma mère appréciant surtout les chanteurs végétariens et mon père surtout les chanteuses noires .
ça faisait tout de même un moment que je ne n'avait pas parlé d'electro allemande , n'est ce pas ? Je m'étais toujours dit que le mythe fondateur , c'était kraftwerk . Quel con!
Il y a deux réactions possibles lorsqu'on arrive avec 33 ans de retard . Soit on se dit qu'on a pas été assez perspicaces pour trouver le chemin plus vite , soit on se dit "mieux vaut tard que jamais " . A vrai dire , me concernant , c'est encore bien plus grave , je n'ai pas trouvé l'accès tout seul , on m'y a emmené . On m'y a emmené en me faisant écouter un live de 74 ressorti après 30 ans d'évaporation .
Pour l'histoire , harmonia c'est michael rother , hans joachim roedelius et dieter moebius , le premier étant aussi membre de neu! , les deux derniers collaborant avec cluster . Pour l'histoire c'est aussi un groupe ephémère ( deux ou trois ans de carrière ) . Pour l'histoire ces types là auraient inventé le krautrock . A mon avis , c'est presque avoir l'esprit etriqué . Ces types là ont inventé bien plus que ça . A ce niveau là ce n'est ni kraut ni rock ni les deux reunis . C'est de la sorcellerie .
C'est idiot d'être en train d'écouter un truc vieux de 35 ans sans en appercevoir les rides parce que voilà harmonia a bien vieilli .
il faut dire qu'un morceau d'harmonia est un morceau sans fin , qui ne boucle jamais , où les variations sont légion , un morceau immense dont chacun est libre de voir la fin . Et puis pour tous ceux qui envisagent l'electro à la sauce clubbing , voilà un démenti formel . ici tout est douceur , nacre et volupté . Il n'y a rien d'ostentatoire , rien de vulgaire , rien d'orgueilleux . Tout est coulé et pas dans du beton . parce que rien n'est figé . au contraire , le trio reste maitre dans l'art de l'improvisation maitrisé .
Alors à un moment donné , il fut savoir s'interroger . Qu'est ce qu'il vaut mieux boire . une vodka de supermarché ou un vieil armagnac . j'ai des gouts de luxe , je sais , mais kraut alors , je choisis l'armagnac .
20:54 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : harmonia, neu, cluster, live, electro, allemagne, krautrock
03.02.2008
jane dark
je vais dorénavant faire plus court , jeunes gens . C'était soit ça , soit j'abandonnais définitivement le monde des blogs . A chosir , j'ai décidé de rester encore un peu parmis vous . parce qu'il y a des bonnes choses à découvrir et à faire découvrir et ça serait dommage de passer outre . Donc nous allons au canada . Encore une fois , retorquerons certains , ce qui ne serait en rien usurpée comme remarque puisqu'il est vrai que j'y passe beaucoup de temps , virtuellement parlant du moins . Et encore une fois j'ai emprunté un vol de la compagnie "chromewaves , ce qui , là aussi , est une habitude de la maison . Donc jane vain and the dark matter est un groupe de calgary . Enfin un groupe , façon de parler parce que avant tout , c'est une fille , seule avec quelques copains musiciens . jamie fooks ( c'est son vrai nom) , c'est un peu une laura veirs des neiges avec quelques attitudes "doironesques" . Il y a indéniablement quelquechose dans une voix , un sens de l'accroche perceptible et puis pour ne pas que les morceaux s'endorment , il y a toujours certaines diversions bienvenues dont certaines se revelent franchement electrique pour ne pas dire electronique . Et puis pour continuer dans les comparaisons , on va forcement parler de chan marshall . d'abord à cause du chant si proche de ce que fait chan . Pour les textes aussi , parce que la miss est loin d'être une marrante ( We Must Destroy ) et enfin pour cette attitude craintive , froide et volontairement en retrait . A ces débuts , cat power portait des chemises trop grandes , cachait ses yeux derriere une meche et donnait l'impression de devoir mourrir sur scène . Avec jamie , j'ai comme l'impression qu'on en est pas si loin .
Sans vouloir etre médisant , on se doute que les concerts de jane vain et the dark matter sont loin d'être bouleversants . Sur disque par contre , on peut presque y aller les yeux fermés . Que tous ceux qui aiment le pop-folk au féminin , les voix tiraillées , les mots crus , les ballades mélodiques , oui que tous cela se lèvent . Il y a une nouvelle venu .
l'album "love is where the smoke is" est sorti chez rectangle record le 29 janvier mais n'est disponible qu'en import chez nous .
jane vain and the dark matter : c'mon baby say bang bang ( par l'intermédiaire de kill beat music )
10:20 Publié dans blue lines | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : jane vain and the dark matter, cat power, rectangle records, c'mon baby say bang bang



