17.04.2007

Une araignée à quatre pattes sur un arc en ciel

Il était moins une . Une semaine de plus et je manquais le car ; J'aurais certes bien pu le rattraper en route mais bon il y a des cars que l'on préfére prendre en avance . Surtout quand ils sont confortables , bien conduits . Vous savez , ceux que vous prenez au départ et qui vous ménent au bout de la ligne sans que vous vous en soyiez rendu compte . Bien entendu , ils se font rares mais bon il suffit parfois de savoir les dénicher et s'il faut un indice alors cherchez le dans l'allure du  conducteur.

Le car que je devais prendre je le connaissais . marque allemande , sièges à l'assise souple , aération optimale  conducteur hors pair . je l'avais déjà pris quelquefois auparavant et là je savais qu'il devait passer incessamment sous peu . Alors j'ai attendu . j'en ai vu passer d'autres avant lui . Certains acceuillants eux aussi , d'autres à la devanture aguicheuse , d'autres encore plus rudimentaires , un peu cahotants . 

Je ne voyage pas assez souvent en car finalement .

Comme il était un peu en retard , mon esprit s'est un peu relaché,  je l'avoue . W m'a donné un coup de coude : hé ho il est là . C'était plus qu'une bonne nouvelle .

J'ai apperçu les chaufeurs . Oui ils sont deux . Bernd jestram et ronald lippok . Je vous avez bien dit que c'était un car allemand . De couleur noire . Sur un coté , en lettre rose , le sourire de l'araignée . de l'autre coté en lettre orange tarwater .

medium_tarwater.jpg

Tarwater . Est ce que je vous ai déjà dit à quel point j'aimais ce groupe . Non ? alors voilà , maintenant vous savez . Vous savez que j'ai , un jour , entendu Dominique A , dire que silur était un album merveilleux , vous savez que je me suis précipité pour l'acheter sans en avoir entendu le moindre extrait , vous savez que j'en suis resté bouche bée . Vous savez que j'ai achété tous les albums suivants sans coup férir . Vous savez que j'écoute continuellement dwellers on the threshold et que ça me fait fondre à chaque fois . Vous savez que j'appui toujours sur repeat après avoir écouté "be late" . Etre en retard .Oh non surtout pas .

Chez tarwater , la musique a une force secrète . En l'écoutant , on oublie qui l'a écrit et ça c'est un privilège rare .  Il ne faut pas se leurrer , l'electro allemande est une grande famille . La preuve , c'est que les membres des groupes sont interchangeables (roland lippok  joue aussi avec rococo rot ) . Alors forcement on retrouve chez tarwater les thèmes qui sont légion chez les autres : influence des racines froides et germaniques , sens de la mélodie omnubilante , faculté à déstructurer delicieusement  les morceaux , densité des sons , capacité à mélanger les tonalités de provenance différente

 A l'école maternelle , on apprend que toutes les couleurs sont réalisables à partir des trois basiques . Il suffit de les mélanger et de savoir les doser .   Le duo de tarwater a bien retenu la leçon . A partir de trois fois rien , il vous font un arc en ciel de sons . Et par hasard est ce que le bonheur ne se trouve pas au pied de l'arc en ciel ?

On dit qu'il faut toujours illustré ses propos .  Voilà mon illustration avec "be late " , morceau dont je vous ai parlé plus haut . Vous allez voir combien une boucle rythmique peut etre démoniaque , vous allez voir comment le morceau croit en puissance , vous allez voir comment tarwater bouleverse soudain la donne en saccageant le tout  , vous allez voir comment le morceau s'échappe à ses proprietaires , vous allez voir qu'il atteint des sphères insoupçonnées . Vous allez voir tout ça et puis , pour peu que vous soyiez receptifs , vous allez voir surtout que l'obsession n'est pas toujours une folie . Soyiez à l'heure !

be late

et puis aussi deux mp3 du prochain album , spider smile , qui sort le 20 avril chez Morr music .

world of things to touch

when love was the law in los angeles

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