26.09.2007

une gut d'O sur des pierres brulantes

C'est d'une richesse cet univers qui est le notre ! internet est un mot mal choisi . externet ça conviendrait mieux parce que le web , on peut bien dire ce qu'on veut , ça ouvre grand les portes que pour ma part je n'ai jamais su fermer . On peut par exemple se ballader tranquillement sur un site à vocation sportive , y tomber sur un forum qui parle musique , trouver des gars qui partagent vos goûts et lorsque l'un d'eux vous lache comme ça en pleine poire un nom qui vous intrigue , on ne peut que se demander si le hasard ne fait pas parfois bien les choses . Yugung , il s'appelle le monsieur et il y a 7 ou 8 jours il m'a balancé comme ça , sans raison apparente , un nom barbare , gloglottant et froid . Gudrun gut et il ne m'a rien dit de plus si ce n'est que c'était une dame et qu'elle avait collaboré avec einsturzende neubaten . ça a suffit . je savais dès lors que j'allais replonger , que c'était reparti pour une danse , que finalement j'allais encore revenir sur des terres connues , familières et douces

357801318fb63817b03025075275301d.jpgOn revient toujours à nos amours . Même si en théorie , ce n'est plus la saison . Je dois être déphasé , voilà tout . tarwater , can , neu! , kruder et dorfmesteir , lali puna , ms john soda , saroos , notwist , console , kraftwerk, waldeck ,terranova , music AM , schneider TM , einsturzende neubaten , rococo rot , fonoda   .  Et donc maintenant gudrun gut . Et puis tant qu'on est dans ce rayon ci , je vais aussi rajouter uphill racer dont je parlerais certainement un de ces jours ici ou là . Est ce que je suis le seul à être passionné par la musique allemande ? pardon germanique . certainement pas tout de même .

En même temps est ce de ma faute ? est ce de ma faute si les allemands ont compris bien avant tout le monde que techno , ce n'était que le début de technologies ? est ce ma faute si sentimentalement peut aussi s'écrire sentiment allemand ? est ce de ma faute si les pionniers de l'electro sont majoritairement  issus du même pays ? est ce de ma faute si outre-rhin , la recherche est beaucoup plus developpée qu'ailleurs ? est ce de ma faute si la froideur parfois , ça peut paraitre terriblement beau ? est ce de ma faute si les allemands sont beaucoup plus fort que les français en terme d'exportation ? Est ce de ma faute si ils maitrisent à perfection la mélancolie ? Et puis flûte quoi , non ce n'est pas de ma faute . En allemagne , il y eût jadis un mûr , il y eût jadis un dictateur , il y eût jadis pas mal de ségrégations , pas mal de bridages, pas mal de chaines bien scellées , pas mal d'ennuis , pas mal de révoltes étouffées et pas mal de balles tirées . Je n'ai ni les mots ni le vécu pour vous raconter l'histoire . J'ai juste une petite experience à berlin-est à l'époque où les occidentaux étaient formelement interdits . Disons que ça aide à comprendre .

Revenons à gudrun et pour faire référence au cinéaste à qui j'ai plus ou moins emprunté le titre de ce post , ozon . Osons donc dire que c'est le pendant de l'allien au prénom de ellen qui sévit actuellement à berlin sauf que dans la gamme berlinette , il y a plusieurs modèles qui peuvent se révéler diametralement opposés .

Gudrun , elle s'inscrit dans une tradition patrimoniale . Il faut dire que son passé plaide pour elle . Déjà présente aux débuts des années 80 sur le premier einsturzende neubauten puis fondatrice de monika , un label radio-actif , animatrice (de radio) à temps partiel et membre de plusieurs groupes ( au hasard malaria , matador , ...) et donc 25 ans après les débuts , un premier disque solo sorti cette année .

Gudrun c'est un peu le chaud et le glacé  . De l'electro dow tempo ou lente , comme vous préférez , de l'electro mélancolique aux remeniscences froides , des univers brumeux , un peu vaporeux ,un peu ethérés . D'ailleurs est ce un hasard si l'excellente  reprise de l'album est "rock bottom riser " , un titre de smog , parce que smog en anglais , ça veut bien dire brouillard .  Du brouillard donc et dans les brumes , tout le monde sait qu'il est bien difficile de marcher droit . Alors voilà chez gudrun gut , la musique ne marche pas droit . pas de lignes rectilignes mais des changements de cap , des spirales , des boucles , des tatonnements , des routes entrecroisées , des pas en avant , sur le coté . Où ça devient très subtil , c'est que le rythme ne sombre jamais dans un emballement impromptu , c'est que tout est pensé et non pas aléatoire , En même temps , 25 ans de reflexion , ça laisse du temps pour maitriser chaque pierres (brulantes ) de l'édifice .

brulante justement et c'est bien là le paradoxe . parce que l'album suinte de sensualité . D'abord à cause de la voix de la dame . Une voix chaude sur une terre froide . En théorie ce mélange de courants devrait déclencher des orages voire des tempêtes . pas ici . Et comme pour accentuer les contrastes , quand la voix ne suffit plus , gudrun gut teinte ces morceaux d'une once de sonorités latines comme ce " move me " , sorte de polka tango moderne aux boucles marquantes .

juste un conseil : Si demain vous ne savez pas que faire , ouvrez votre congélateur , sortez en un glaçon , et mettez le sur des braises brulantes . ça fait surement de belles gut .

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move me

the land